7e2iii Formation - Formation des mentors : Meilleures pratiques (a continué)

  • Il sera bénéfique d’inclure des jeux de rôle dans le cadre de la formation. Ces situations hypothétiques donnent aux mentors potentiels une occasion d’imaginer diverses façons de répondre à leurs mentorés et de tester leurs compétences communicationnelles.
  • Il sera aussi bénéfique de donner au menteur un rôle de défenseur et de pédagogue. Le rôle traditionnel réservé aux mentors peut ne pas suffire au mentorat d’un jeune pris en charge ou quittant la prise en charge. Pour mentorer efficacement un jeune à risque, le mentor pourrait aussi avoir à jouer un rôle de défenseur, consistant à bâtir une communauté de soutien autour du jeune. Les mentors doivent apprendre à leur jeune comment accéder aux ressources et aux programmes appropriés, et à naviguer à travers les services sociaux (par exemple, les bureaux d’assistance sociale, le Tribunal de la jeunesse, les agences de placement en famille d’accueil). Les mentors doivent également être en mesure d’aider les jeunes à accéder aux autres ressources qui les entourent (comme les ressources disponibles dans le quartier du jeune), car cela pourra accentuer leurs efforts et renforcer les avantages pour le jeune. La formation des mentors doit cadrer dans les limites et les stratégies de mise en œuvre appropriées de son nouveau rôle. (Voir l’annexe E pour obtenir des détails au sujet du rôle de soutien pour les jeunes LGBTTQ5 dans une relation de mentorat.)
  • Étant donné que de nombreux jeunes pris en charge ont des antécédents de négligence ou d'abus, il est conseillé que les mentors suivent une formation sur les précautions à prendre en cas de traumatismes. Les mentors doivent comprendre les manifestations comportementales résultant de traumatismes, la façon dont un traumatisme se manifeste dans une relation avec un adulte que le jeune ne connaît pas et à qui il ne fait peut-être pas confiance, et apprendre à minimiser efficacement ses incidences sans causer de traumatisme supplémentaire.
  • La sensibilité à la culture et à la diversité doit être un thème récurrent de la formation. Sans constituer un module de formation spécifique, ce thème doit revenir en permanence tout au long du processus et du parcours. Les relations de mentorat doivent soutenir le développement du jeune d’une manière qui reflète l’identité individuelle et culturelle, et valoriser la diversité. Les enfants pris en charge par les services de la protection de la jeunesse viennent d’un milieu extrêmement hétérogène, qu’il s’agisse de nationalité, d’ethnicité, d’orientation sexuelle et d’identité sexuelle. Il arrive que des enfants pris en charge soient placés dans des quartiers complètement différents du leur, dans une famille d’accueil de nationalité ou d'origine ethnique différente ou provenant d’un milieu socio-économique différent. De plus, ces différences peuvent encore changer si l’enfant change de foyer d’accueil. Si le mentor n’est pas issu de la communauté ciblée, il devra suivre une formation sur le contexte culturel particulier du programme dont il fait partie.
  • Le mentorat officiel pourrait être une nouveauté et paraître intimidant pour des mentors provenant de certains milieux. Le personnel du programme doit donc former tous les mentors et les soutenir continuellement afin d’assurer leur réussite. Chez les populations plus diversifiées, particulièrement chez les mentors autochtones, la formation donnée doit être adaptée à leur culture et être directement applicable au rôle du mentor. La formation doit fournir des informations pratiques facilement applicables au programme.
  • Tous les mentors doivent suivre une formation sur le mentorat des jeunes LGBTTQ5 et être informés des problèmes et des besoins de ces adolescents. Un jeune pourrait commencer le programme avant de se révéler LGBTTQ5. Les mentors doivent être formés sur la façon de soutenir un jeune qui fait une telle révélation et qui décide de parler à d’autres personnes de son identité sexuelle ou de genre. Il est également important que les mentors soient à l’aise avec leurs propres sentiments face à l’homosexualité.

« Nous voyons beaucoup de jeunes nouveaux arrivants ici chez SOY. Ils n’ont pas grandi en Occident. Souvent, ils viennent d’un pays où être LGBT est illégal. L’une des raisons pour lesquelles nous avons augmenté à 29 ans l’âge limite chez SOY est que si vous avez dû cacher qui vous étiez afin de préserver votre sécurité, vous révélerez probablement votre véritable identité sexuelle plus tard dans votre vie. Et quand on révèle son identité sexuelle à 24 ans, par exemple, les choses sont différentes. Un jeune homme a mentionné que même sachant que l’homosexualité est acceptée au Canada, il ne peut s’empêcher de regarder par-dessus son épaule. Certains jeunes bénéficient du soutien d’un membre de leur famille, mais bon nombre d’entre eux souffrent du manque d’amour de leurs proches. Certains sont tellement craintifs qu’ils ne veulent pas un mentor issu du même groupe ethnoculturel qu’eux, car ils ont peur que ce dernier dévoile des choses à leur famille. Cependant, d’autres jeunes sont très enthousiasmés à l’idée d’avoir un mentor comme eux. J’ai appris à ne pas avoir d’a priori sur ce qu’un jeune veut ou sur ce dont il a besoin, mais à écouter ce que le jeune désire. »
- Leslie Chudnovsky, Supporting Our Youth (SOY)


« Un de nos jeunes est en transition de femme en homme. Cette expérience a été très enrichissante pour nous. Nous avons eu de nombreuses discussions avec le travailleur social, les parents d’accueil et le jeune. Nous nous efforçons de répondre à ses besoins. Même s’il souhaite devenir un homme, il désire tout de même avoir un mentor féminin. Nous avons offert une aide particulière au mentor. Et, nous avons invité des intervenants, afin de parler au groupe dans son ensemble pour que le jeune en transition se sente à l’aise dans ce cadre. »
– Kim Megyesi, Grands Frères Grandes Sœurs (GFGS) de Saskatoon