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Ma vie égoïste en tant que Grand Frère

1 octobre 2014

J’ai été Grand Frère pendant plus de trente ans, sans intention de tirer ma révérence. J’ai été garçon d’honneur au mariage d’un Petit, un Petit a donné mon prénom à son bébé, j’ai aidé un Petit à surmonter le décès de sa mère et de son meilleur ami, j’ai traversé le pays en motocyclette en compagnie d’un Petit devenu adulte, et j’ai même participé à plusieurs événements promotionnels de quatre jours/soirées par mauvais temps afin de sensibiliser les gens à notre organisation locale des Grands Frères Grandes Sœurs.

Je me souviens du jour où j’ai fait ma toute première demande pour devenir mentor. J’ai eu de longues conversations avec mon travailleur social assigné pour expliquer que, même si j’étais un homme fort jeune, aux cheveux longs, possédant une motocyclette et ne possédant pas de voiture, j’étais très responsable et je conduisais de façon sécuritaire. Il m’a fallu être très convaincant afin de persuader mon travailleur social et la mère de mon Petit de convenir que j’étais digne de confiance et que mon Petit pouvait prendre place dans le seul véhicule que je possédais; une énorme motocyclette de tourisme.

Mon expérience en tant que Grand Frère a commencée le jour où j’ai rencontré mon Petit et sa mère. J’ai à nouveau fait un grand discours à la mère de mon Petit et à notre travailleur social concernant ma conduite sécuritaire et responsable, et à un certain moment mon tout nouveau et tout jeune ami et moi avons pris la route. Je pouvais voir le visage de sa mère dans le rétroviseur, je pouvais déceler une combinaison de joie et d’appréhension. J’ai peut-être regardé de trop près, car ensuite… j’ai eu un accident. Ce fut mon seul et unique accident à vie. En fait, ce n’était pas grave du tout, mais dans mon esprit c’était monumental! Mon Petit a trouvé cela amusant et sa mère s’est avérée être une sainte.

Et c’est ainsi que j’ai entrepris un parcours de trente ans d’égoïsme pur et dur. J’ai eu droit à une abondance de sourires et de hochements de têtes approuvant pendant ces décennies mon dévouement envers ce programme remarquable. Pourtant, je ne peux m’empêcher de penser que même si je suis fier de mon rôle en tant que modèle et du temps et des efforts que j’ai consacrés à partager ma vie bienheureuse avec d’autres, tout a tourné autour de mes sentiments, ma satisfaction et mon estime de soi. Parce qu’en fin de compte, en étant Grand Frère pendant toute ma vie adulte et en permettant à ces relations importantes de faire partie de ma vie, j’ai été très privilégié. Autrement dit, j’ai eu une vie meilleure grâce aux Grands Frères Grandes Sœurs. La prime est qu’en canalisant mon égoïsme dans un esprit de bénévolat communautaire, j’ai peut-être également fait une contribution positive ça et là!

- Andy Beesley